Il s'agit du nouveau contrôle numérique de la journée de travail que le Gouvernement souhaite approuver. L'Inspection du travail aura accès en temps réel

Le gouvernement espagnol se prépare à franchir une nouvelle étape dans la numérisation et le contrôle étatique du lieu de travail avec l'approbation imminente d'un décret royal sur l'enregistrement du temps de travail. Cette norme, que le ministère du Travail et de l'Economie sociale est en train de finaliser pour approbation avant la fin de l'année, va profondément transformer la manière dont les entreprises gèrent le temps de leurs salariés.

La mesure, qui sera approuvée sans l'approbation du Parlement, durcit les conditions actuelles de contrôle du temps et établit le caractère obligatoire d'un système numérique, vérifiable et inaltérable, auquel l'Inspection du travail pourra accéder en temps réel, en personne et à distance.

De la signature papier au contrôle numérique obligatoire

Depuis 2019, toutes les entreprises sont tenues d’enregistrer les heures de leurs travailleurs, mais la réalité a montré que les feuilles de signature, les enregistrements papier ou les fichiers Excel étaient facilement manipulables et peu fiables.

Le nouveau décret met fin à ces pratiques : l'enregistrement doit être effectué exclusivement par des moyens numériques, garantissant que chaque annotation est objective, traçable et sans possibilité d'altération.

Toute modification sera enregistrée avec une « empreinte digitale » qui identifie qui a effectué le changement et quand, et ne pourra être effectuée qu'avec l'autorisation des deux parties : l'entreprise et le travailleur.

De plus, la signature sera toujours personnelle et incessible. Seul le salarié pourra enregistrer sa journée grâce à son identification numérique, ce qui élimine les connexions pour le compte de tiers ou les manipulations internes.

Un dossier plus complet

Le système n’enregistrera pas seulement l’heure d’entrée et de sortie. Il doit refléter toute la journée, y compris :

  • Les pauses ou pauses ne sont pas considérées comme un travail efficace.
  • Que l'activité soit en personne ou à distance.
  • Heures ordinaires, supplémentaires ou complémentaires, en distinguant celles qui sont rémunérées par du repos ou celles qui sont rémunérées financièrement.

Les temps de disponibilité, les interruptions dues à la déconnexion numérique et les heures liées à l’équilibre travail-vie personnelle ou à la flexibilité du travail seront même enregistrées.

Ce niveau de détail vise à lutter contre l'un des grands problèmes du marché du travail espagnol : les heures supplémentaires non déclarées. En effet, en plus de la paie, les entreprises doivent fournir un récapitulatif mensuel des heures travaillées, y compris les heures supplémentaires.

Accès à distance et transparence totale

La grande nouveauté du décret est la possibilité pour l'Inspection du travail et de la sécurité sociale d'accéder aux dossiers en temps réel et par voie électronique. Cela signifie que les inspecteurs n'auront pas à se déplacer pour vérifier les données, ce qui facilitera le contrôle de l'activité de l'entreprise.

À leur tour, les travailleurs pourront consulter et télécharger une copie de leur dossier à tout moment, renforçant ainsi la transparence et la confiance dans la relation de travail. De plus, les représentants syndicaux auront accès aux archives mondiales.

Le défi numérique pour les entreprises

L'obligation d'adopter des outils numériques constituera un défi, en particulier pour les PME et les secteurs à forte mobilité – comme les transports, l'hôtellerie ou la construction – où les horaires variables et la dispersion géographique compliquent le contrôle du temps.

La vérité est que la technologie offre déjà des solutions telles que Horloge, Kronjop soit Chronométreurqui permettent de se connecter depuis différents appareils, de géolocaliser les employés et de générer des rapports automatiques valides devant l'Inspection du travail.

Ces plateformes intègrent également l’IA pour détecter les schémas de risque ou les irrégularités en conformité avec la journée, et permettent même des alertes préventives en cas de non-conformité.

Sanctions et conséquences du non-respect

Le non-respect de la réglementation peut entraîner des amendes comprises entre 751 et 7 500 euros par travailleur concerné, selon la gravité du cas. Bien qu'au départ le ministère du Travail ait envisagé de porter les sanctions à 10 000 euros, cette proposition n'a pas abouti au Congrès.

Selon le ministère du Travail, cette réforme vise non seulement à punir, mais aussi à réduire les litiges du travail et à renforcer les droits des travailleurs, notamment en ce qui concerne les heures de travail longues ou non déclarées.

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