Le Forum économique mondial met en garde : près de la moitié des compétences professionnelles actuelles seront obsolètes d’ici 2030

Pour la première fois depuis des décennies, le Forum économique mondial (ou FEMpour son acronyme en anglais) a donné des chiffres concrets à un changement que beaucoup perçoivent déjà sur le marché du travail : près de quatre compétences professionnelles actuelles sur dix cesseront d'être pertinentes avant 2030, et 170 millions de nouveaux emplois verront le jour sous l'impulsion de la technologie, de la transition verte et des changements démographiques.

Mais cette révolution entraînera également des pertes : 92 millions d’emplois disparaîtront au cours de la même période.

Le résultat, selon le rapport Rapport sur l’avenir de l’emploi 2025ce sera un bilan positif de 78 millions de nouveaux emplois, mais avec une exigence claire : celui qui ne mettra pas à jour sera exclu.

La carte du prochain emploi

L'étude du WEF, basée sur des enquêtes menées auprès de plus de 1 000 grandes entreprises représentant 14 millions de travailleurs dans 55 économies différentes, dresse un panorama dans lequel les tendances mondiales telles que le changement technologique, la transition écologique, l'incertitude économique et le vieillissement de la population seront les forces qui transformeront le nouveau marché du travail.

Les secteurs qui connaîtront la plus forte croissance ne sont pas toujours les plus « futuristes ». En fait, les agriculteurs et les ouvriers agricoles sont en tête de liste des professions ayant enregistré la plus forte augmentation nette, avec 34 millions de nouveaux emplois grâce à la numérisation rurale et à l'expansion de l'économie verte.

La demande augmentera également pour les chauffeurs-livreurs, les développeurs de logiciels, les ouvriers du bâtiment et les détaillants. Parallèlement, les emplois liés aux soins – soins infirmiers, travail social ou soutien psychologique – vont croître sous l’effet du vieillissement de la population et de l’augmentation des besoins en matière de soins personnels.

La moitié des compétences d'aujourd'hui ne fonctionneront pas demain

Mais le fait le plus inquiétant du rapport est sans aucun doute que 39 % des compétences nécessaires pour travailler vont changer ou devenir obsolètes au cours des cinq prochaines années.

Autrement dit, près de la moitié de ce que nous savons faire aujourd’hui ne suffira plus.

Le Forum économique mondial note que les perturbations seront particulièrement rapides dans des secteurs tels que l’informatique, les télécommunications et la logistique, où l’automatisation, l’IA et l’analyse des données progressent déjà à un rythme vertigineux.

Mais l’obsolescence n’affecte pas seulement les compétences techniques : le poids des appels va aussi évoluer compétences généralesces capacités humaines qui nous permettent de nous adapter, de diriger ou d’innover dans des environnements incertains.

L’essor des compétences technologiques… et humaines

Ainsi, le rapport distingue deux groupes de compétences qui seront renforcées en parallèle :

  • La technologie, menée par l’IA, l’analyse des données, la cybersécurité et la culture numérique, connaîtra une croissance plus rapide que toute autre catégorie.
  • Les facteurs humains, tels que la pensée créative, le leadership, l'empathie ou l'apprentissage tout au long de la vie, permettront à ces technologies d'être utilisées de manière éthique, efficace et durable.

Selon les propres termes du Forum, le travailleur de demain devra « équilibrer compétences techniques et compétences générales pour prospérer dans des environnements de travail hybrides et numériques ».

Se recycler ou prendre du retard

Le rapport indique que la moitié des travailleurs mondiaux ont déjà participé à un programme de formation ou de mise à jour en 2025, contre 41 % en 2023.

Ce qui est inquiétant, c’est que d’ici 2030, un travailleur sur dix aura besoin d’une reconversion professionnelle et n’y aura pas accès, un écart qui menace d’aggraver les inégalités en matière de travail.

L’avenir est hybride et humain

À mesure que l’intelligence artificielle se consolide, les robots ne remplaceront pas nécessairement les humains, mais ils remplaceront ceux qui ne savent pas vivre et travailler avec eux.

Le Forum économique mondial insiste sur le fait que la clé ne sera pas de maîtriser une technologie spécifique, mais plutôt de cultiver la capacité d’apprendre, de désapprendre et de réapprendre en permanence. L’adaptabilité, plus que toute connaissance technique spécifique, sera la monnaie de l’économie du futur.

Par | FEM

Images | Marcos Merino grâce à l'IA

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