C'est ainsi que LaLiga entend vendre les droits de retransmission du football jusqu'en 2032. Le régulateur estime que cela dépasse les limites légales

De temps en temps, LaLiga vend les droits pour que les plateformes (Movistar, DAZN, etc.) puissent diffuser les matchs de Première Division. Étant donné la somme d’argent que cela représente et le nombre de personnes que cela affecte d’une manière ou d’une autre, l’art. 4 du RDL 5/2015 établit que la Commission Nationale des Marchés et de la Concurrence (CNMC) doit émettre un rapport préalable sur les conditions de cette vente.

Cette année, LaLiga a présenté son projet de vente des droits pour les saisons 2027 à 2032, et la CNMC l'a étudié et a publié un rapport avec ses conclusions.

En bref, la CNMC estime que LaLiga devrait limiter la discrétion avec laquelle elle configure les lots, attribue les contenus et définit les conditions d'exploitation, puisque plusieurs des aspects inclus dans l'offre dépassent les pouvoirs qui lui sont accordés par la loi.

Comment LaLiga conçoit l'offre : une mosaïque complexe de lots

Pour vendre les matchs, LaLiga a divisé la compétition en de nombreuses combinaisons différentes, presque un « menu » avec les options A, B, C, D, E, F et G, et chacune avec deux sous-options. Donc:

  • Il existe des lots dans lesquels un opérateur peut diffuser 9 matchs par jour…
  • …mais pas ceux de Madrid et du Barça.
  • D'autres autorisent la diffusion de certains matchs de Madrid, mais pas du Barça.
  • D'autres autorisent les deux, mais pas les matchs contre l'Atleti.
  • Dans d'autres, ils vous permettent d'avoir l'un des classiques mais pas les deux.

Le résultat est un casse-tête… qui, prévient la CNMC, pourrait permettre, en pratique, plus facilement à un seul opérateur de cumuler plusieurs lots pertinents, en fonction de l'application des critères économico-techniques.

LaLiga attribue des droits qui ne lui correspondent pas

Le rapport souligne que la Liga doit respecter strictement les pouvoirs qui lui sont conférés par le RDL 5/2015, c'est-à-dire la commercialisation conjointe des droits audiovisuels cédés par les clubs. Pas plus.

Cependant, sur certains points de la PRO (Procédure de Demande d'Offre), la LNFP agit comme si elle détenait des droits de propriété intellectuelle ou de production qui dépassent le cadre actuel :

  • Il se présente comme producteur du contenu, lorsque cette condition dépend du régime juridique de l'œuvre audiovisuelle et ne peut être assumée unilatéralement.
  • Exige que les soumissionnaires retenus attribuent des licences larges et durables aux images générées, même après la fin du contrat.
  • L'utilisation étendue des images sur les plateformes propres et celles du club est réservée.

Cela impose trop d’obligations (et une grosse limitation) aux plateformes

La Ligue demande à ceux qui obtiennent les droits :

  • Fournissez des données d'audience super détaillées : minute par minute, par âge, par province…
  • Ils ne peuvent pas utiliser des sponsors concurrents des leurs.
  • Personnalisez les diffusions uniquement avec des commentaires, sans pouvoir modifier presque quoi que ce soit sur l'aspect visuel.
  • Aider financièrement les « projets anti-fraude » coordonnés par la Ligue elle-même.

La CNMC considère cela excessif, car beaucoup de ces éléments ne sont pas nécessaires à la diffusion des matchs et peuvent affecter la compétitivité des opérateurs en ne respectant pas les principes de proportionnalité et de transparence.

En outre, il estime que le système de sous-licences est trop rigide, car selon le projet de la Liga, si un opérateur souhaite partager une partie des droits avec un autre, l'organisation de football professionnel peut y opposer son veto, même en invoquant des raisons aussi subjectives que le « risque de réputation ».

Il existe un risque qu'un seul opérateur se retrouve avec trop de

En revanche, la loi exige que les droits ne soient pas concentrés entre les mains d’une seule plateforme, afin qu’il y ait de la concurrence. Mais avec une combinaison de lots aussi complexe, la CNMC craint que les options, telles qu'elles sont, ne garantissent pas une réelle diversité des gagnants et qu'un seul opérateur puisse finir par dominer la majorité des principaux acteurs.

La « défense du droit d’auteur » est importante, mais…

La CNMC reconnaît l'importance de lutter contre la fraude, mais prévient que certains frais imposés par la Liga aux opérateurs sont très complexes et coûteux, tels que :

  • Marquage signal à l'origine.
  • Rotation des clés DRM.
  • Création de plateformes communes financées par les lauréats des droits.
  • Participation aux études, propositions réglementaires et actions coordonnées.

Bien que considérées comme légitimes dans leur objectif, ces obligations doivent être évaluées afin de garantir qu'elles ne deviennent pas des barrières à l'entrée ou des charges excessives pour certains opérateurs.

Comment tout cela nous affecte-t-il ?

Pour les opérateurs

  • La configuration du lot détermine qui peut concourir.
  • Des obligations supplémentaires affectent le coût réel de fonctionnement.
  • La possibilité d’accorder des sous-licences est essentielle pour les modèles hybrides.

Pour les fans

  • La fragmentation ou la concentration des droits modifie qui diffuse chaque parti.
  • Le prix final pour le consommateur dépend de la concurrence entre les plateformes.

Pour le marché de l'audiovisuel

  • Éviter les pratiques restrictives garantit la pluralité et favorise l’innovation.
  • La stabilité réglementaire est clé dans un secteur en transformation (OTT, streaming…).

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