La Cour suprême a mis fin au débat juridique sur la question de savoir si la falsification d'un certificat médical au moyen d'une simple photocopie – ou d'un dossier numérisé – constitue un délit. La réponse est claire : oui, car ce qui est pertinent n'est pas le support utilisé, mais le document simulé.
C'est ce qu'établit l'arrêté 807/2025, qui a condamné il y a un mois un travailleur à six mois de prison et à une amende financière pour avoir manipulé un rapport d'incapacité temporaire pour justifier un jour supplémentaire d'absence du travail et l'avoir facturé de manière inappropriée.
L'affaire, apparemment mineure en raison du montant fraudé – 31,96 euros – a fini par établir une doctrine sur une question d'une énorme importance pratique : toute tentative de créer, modifier ou simuler un document officiel d'arrêt de travail, même à partir d'une photocopie ou d'un fichier numérique, est considérée comme une falsification d'un document officiel.
Et donc une infraction pénale.
Un jour de vrai congé de maladie et un autre inventé
Les faits avérés montrent que l'ouvrier, employé de Ego Appliance Control SLs'est présenté au centre de santé le 6 juin 2017 pour une gastro-entérite aiguë et a bénéficié d'un congé médical valable uniquement pour le même jour. Il l'a référé à son entreprise sans problème.
Cependant, il décide de ne pas se rendre au travail le lendemain également et, pour se justifier, il fait un nouveau rapport d'arrêt de travail falsifié, modifiant la date pour simuler une rechute. Par la suite, il a envoyé le document manipulé, et a même dû le renvoyer une seconde fois lorsque des erreurs ont été détectées lors du premier envoi.
L'entreprise a détecté l'irrégularité et a déposé une plainte. Le tribunal pénal a condamné le travailleur pour falsification de document officiel.
Mais ensuite, le Tribunal provincial de Barcelone l'a acquitté en estimant que, si ce qui avait été manipulé était une photocopie et non l'original, le document falsifié devait être considéré comme privé et non officiel, ce qui empêcherait la condamnation puisqu'il n'y avait aucune preuve de préjudice causé à un tiers. Cet acquittement a fait l'objet d'un appel du ministère public.
Modification ou simulation : la différence essentielle
La Cour suprême a maintenant révoqué cet acquittement. Et cela en s'appuyant sur une ligne jurisprudentielle qui distingue deux notions juridiques essentielles : l'altération et la simulation de documents.
Comme l'explique le jugement, une modification affecte un document déjà existant. En revanche, la simulation consiste à créer de toutes pièces un document qui n'existe pas, en le faisant passer pour authentique.
Et c’est exactement ce qu’a fait le travailleur lorsqu’il a conçu un rapport d’arrêt de travail inexistant, même s’il a utilisé comme modèle une photocopie de l’original.
Selon les termes mêmes de la Cour suprême :
« (…) Cependant, lors de l'utilisation d'une photocopie, on réalise un document destiné à être considéré comme un document officiel, ou en d'autres termes, lorsqu'un document officiel est simulé à l'aide d'une photocopie, la falsification, dans ces cas prévus à l'article 390.1.2 du Code pénal, doit se référer au type de document simulé. Il s'agira donc d'un délit de falsification d'un document officiel. »
Pour cette raison, la Haute Cour conclut que le facteur déterminant, à des fins pénales, est le type de document simulé et non le support utilisé pour le créer. Ce qui est falsifié, ce n'est pas la photocopie – qui reste un instrument – mais le document officiel d'arrêt de travail que l'on tente de reproduire.
La peine est également soutenue par des précédents récents, tels que les résolutions 577/2021 et 183/2025, qui insistaient déjà sur le fait que l'utilisation de moyens numériques ou photographiques pour générer de faux documents ne réduit pas la gravité du délit lorsque le résultat est censé être un document officiel.
Le support n'a pas d'importance : ce qui compte c'est le caractère officiel du document
L'arrêt du Tribunal pénal, présenté par la juge Susana Polo, va au-delà du cas spécifique et établit un critère d'une énorme pertinence : peu importe qu'un papier, une photocopie, un PDF ou un fichier numérisé soit manipulé. Si le but est de simuler un document officiel, la falsification se fera dans un document officiel.
Dès lors, le comportement du travailleur réunit tous les éléments du délit : il a créé un document officiel inexistant, l'a présenté comme authentique et l'a utilisé pour justifier une absence du travail et percevoir un salaire qui ne lui correspondait pas. Pour cette raison, la Cour suprême rétablit la peine de six mois de prison et six mois d'amende, en plus de maintenir la responsabilité pour la petite fraude dérivée du paiement indu.
Un avertissement qui touche des milliers de travailleurs et d'entreprises
Même si le montant fraudé semble insignifiant, le jugement a un impact énorme sur le monde du travail et sur l'administration. En Espagne, les rapports d'arrêt de travail sont de plus en plus transmis par voie électronique et le travailleur n'est plus obligé de les remettre physiquement à l'entreprise. Ce système a généré de nouvelles zones d'ombre et aussi des tentations : modifier un PDF, renvoyer un ancien rapport, changer une date ou présenter une image manipulée avec le téléphone portable.
Avec cet arrêt, la Cour suprême précise que ces pratiques sont non seulement punissables au travail, mais peuvent constituer une infraction pénale passible d'une peine de prison.
Par | Confilège