L’AEPD inflige une amende record à l’AENA. La reconnaissance faciale des passagers avec biométrie n'a pas été bien mesurée, selon l'Agence

L'Agence espagnole de protection des données (AEPD) a annoncé une amende de 10 043 002 euros à Aena pour le déploiement de systèmes de reconnaissance faciale. Le problème est qu’elle n’a pas procédé à une évaluation d’impact valide pour vérifier si cette mesure était nécessaire, adaptée et proportionnée.

Par ailleurs, dans une résolution à laquelle l'Agence EFE a eu accès, l'AEPD confirme la suspension temporaire de tout traitement de données biométriques. L'AEPD considère que l'article 35 du RGPD, qui impose la réalisation d'une étude d'impact, a été violé, car il s'agit de données sensibles.

Bien qu'aucune information à ce sujet ne soit publiée ni sur le site officiel de l'Agence ni sur ses réseaux sociaux, selon les informations qui ont fuité, parmi les données biométriques les plus controversées collectées se trouve celle du système d'identification par reconnaissance faciale pour contrôler l'accès des passagers à certaines zones des aéroports gérés par Aena.

Afin de devoir reprendre cette pratique, Aena doit réaliser une analyse d'impact sur la protection des données dans les termes fixés par le RGPD ou Règlement Général sur la Protection des Données. L'AEPD considère que la collecte de ces informations « peut entraîner des risques plus importants pour les droits fondamentaux des personnes physiques ».

AENA va faire appel

L'entreprise dédiée à la gestion des aéroports espagnols a déjà annoncé qu'elle allait faire appel de cette décision, comme l'ont rapporté des médias comme Cadena SER.

Ce média rappelle que le projet, qui s'est déployé progressivement depuis 2019, a bénéficié de la collaboration de compagnies aériennes comme Iberia, Vueling ou Air Europa et d'entreprises comme Thales, Indra ou Accenture.

Ce système a été déployé dans 8 aéroports (Barajas, El-Prat, Alicante-Elche, Gran Canaria, Ibiza, Minorque, Majorque et Tenerife Nord) et a compté près de 40 000 utilisateurs en phase opérationnelle, entre 2023 et 2024.

La sanction de l’agence espagnole équivaut à celle imposée à Google en 2022, alors qu’il s’agissait déjà d’un chiffre record.

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