Les législateurs français ont voté aujourd'hui en faveur de l'interdiction de l'utilisation des médias sociaux pour les enfants de moins de 15 ans, ce qui en fait le premier pays de l'Union européenne à introduire une limite d'âge conforme à une législation qui s'impose lentement à l'échelle mondiale.
Le président Emmanuel Macron, qui accomplit actuellement son dernier mandat, a salué cette interdiction, la qualifiant de « grand pas en avant ». Il a ajouté : « La France est leader en Europe en matière de protection de nos enfants et adolescents. Il faut maintenant que le Conseil constitutionnel se prononce et il sera alors temps d'agir pour concrétiser cette mesure et protéger nos enfants en ligne ».
Après l'approbation du Sénat, les membres de l'Assemblée nationale du pays ont adopté le projet de loi par 279 voix contre 81.
Après des années de critiques généralisées concernant la façon dont les médias sociaux sont utilisés par les jeunes et comment ils affectent leur santé mentale, l'Australie est entrée dans l'histoire en devenant le premier pays à exclure les moins de 16 ans des médias sociaux en 2025 après l'adoption d'une législation historique en 2024. Le Royaume-Uni a également annoncé une interdiction qui entrera en vigueur l'année prochaine, tandis que le Danemark, la Grèce et l'Espagne devraient suivre. Par ailleurs, l’UE envisage une interdiction plus large dans ses 27 États membres.
En France, Macron a demandé au gouvernement français d'accélérer l'adoption du projet de loi par le Parlement afin que la législation soit en vigueur avant le début de la nouvelle année scolaire en septembre. La ministre du Numérique, Anne Le Henanff, a déclaré à la presse que cette interdiction ne devrait pas poser de problème car « des outils de vérification de l'âge existent déjà », ajoutant : « Si quelqu'un a moins de 15 ans, le compte sera fermé ».
L'organisme de surveillance de la santé publique française a été très critique à l'égard d'applications telles qu'Instagram, TikTok et Snapchat. L'année dernière, il a été déclaré qu'ils s'étaient révélés nocifs pour les enfants et généraient une dépendance, une des raisons du déclin de la santé mentale des jeunes dans le pays, actuellement décrit comme une « pandémie ».
« Les cerveaux de nos enfants et de nos adolescents ne sont pas à vendre », a déclaré le président Macron en début d’année, visant les grandes entreprises technologiques. « Les émotions de nos enfants et de nos adolescents ne sont pas à vendre ni à manipuler, ni par les plateformes américaines ni par les algorithmes chinois. »
À mesure que les interdictions se répandent dans le monde entier, des critiques ont été formulées par les défenseurs de la parole, qui soutiennent qu'il existe de meilleures solutions que des interdictions générales et que certaines applications peuvent être bénéfiques pour les enfants. Les sénateurs français ont accepté, votant pour un système à deux vitesses dans lequel certaines plateformes seraient interdites et d'autres autorisées avec le consentement des parents, mais c'est l'interdiction générale de la chambre basse qui sera mise en œuvre.