La Grèce approuve une journée de travail de 13 heures pour "faciliter le développement des affaires". D'autres grèves de travailleurs sont à venir

En 2023, la Grèce a approuvé la possibilité pour ses entreprises de demander à leurs salariés de travailler un jour de plus. Autrement dit, cinq à six jours. Et de 40 à 48 heures. La mesure est entrée en vigueur en juillet 2024, mais la réforme du travail du gouvernement grec n'était pas terminée. Comme nous l'avons dit, la Grèce s'apprêtait à approuver la journée de 13 heures, et le Parlement vient de donner son feu vert à la loi controversée, selon la RTVE.

Le texte a été adopté avec les voix du parti gouvernemental, Nouvelle Démocratie, qui compte 156 des 300 députés que compte la chambre. L'opposition a voté contre et Syriza, le parti qui a gouverné avec Alexis Tsipras entre 2015 et 2019, a quitté le Parlement avant le vote, qualifiant la proposition de « loi monstrueuse ».

De nombreux citoyens ont tenté d'empêcher l'approbation de la loi, avec deux grèves générales appelées les 1er et 14 octobre. Le secteur public et les transports ont également été paralysés. Cela n’a pas suffi à l’arrêter, mais tout indique que d’autres manifestations s’annoncent.

Le gouvernement défend que la mesure est facultative. Les syndicats ne sont pas d'accord

Face à un climat aussi polarisé, le gouvernement a défendu le caractère positif et progressiste de la réforme. Le ministre du Travail a affirmé que la nouvelle loi créera de nouveaux emplois et élargira même le réseau de protection des travailleurs. Cela est dû au fait que, par exemple, les prestations de maternité sont également élargies.

Le gouvernement a promulgué cette loi en défendant que la mesure est totalement facultative, en plus de faire valoir qu'elle a des limites : elle ne peut être appliquée que 37 jours par an. Mais l’opposition et les syndicats ne voient pas les choses de cette oreille. Ces derniers qualifient cela de « mensonge », puisqu'ils prétendent qu'en Grèce, le travailleur n'a pas de pouvoir de négociation.

Cela amènerait les employeurs à étendre au maximum la journée de 13 heures. C'est ainsi que le voit la Confédération des travailleurs grecs, qui estime que la majorité des travailleurs ne pourront pas refuser face au déséquilibre des négociations et des besoins économiques. La loi précise cependant que le refus d'effectuer des heures supplémentaires ne peut entraîner aucun changement préjudiciable ni aucune discrimination à l'égard du salarié de la part de l'employeur.

La réforme précitée de juillet 2024 a également rendu facultatif le travail six jours par semaine, mais dans l'industrie, le commerce de détail et l'agriculture, le travailleur peut s'imposer à travailler ce sixième jour. Tant dans le cas de la journée supplémentaire que dans celui des 13 heures, le travailleur bénéficiera d'une prime de 40% par heure ou journée supplémentaire.

La Grèce est confrontée à un problème similaire à celui de l’Espagne. C'est le pays qui travaille le plus d'heures, mais la productivité est très faible par rapport aux autres pays européens. Alors que d’autres considèrent la semaine de travail de quatre jours comme la voie à suivre, la Grèce recule sur les droits.

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