La SEPE, obligée d'accorder une subvention pour les plus de 52 ans à une femme qui n'a pas respecté l'exigence de jours de cotisation

Le Tribunal Supérieur de Justice de Catalogne (TSJC) a rendu un arrêt d'une grande importance sociale et juridique en reconnaissant le droit d'une femme à recevoir l'aide pour les personnes de plus de 52 ans, même si elle ne respecte pas strictement l'exigence de contribution exigée par la loi.

La résolution se concentre sur l'impact de la prise en charge familiale sur les carrières, en particulier celle des femmes, et réaffirme la validité de la « doctrine de la parenthèse ».

L'affaire tourne autour d'Elisa, dont le nom est cité dans la résolution, à qui l'aide du Service Public d'Emploi de l'État (SEPE) a été refusée. L'organisation a rejeté sa demande estimant qu'il n'avait pas atteint les 730 jours de cotisation au cours des 15 années précédentes, une exigence connue sous le nom de déficience spécifique. La vérité est qu’Elisa a crédité 667 jours, ce qui ne lui laisse que 63 jours de moins que le minimum requis.

Cependant, pendant près de cinq ans, il s'est éloigné du marché du travail pour se consacrer aux soins de ses parents, tous deux reconnus comme dépendants. Cette période a été décisive pour que le tribunal applique une doctrine consolidée dans la jurisprudence espagnole qui permet d'exclure du calcul certaines périodes lorsque le travailleur n'a pas pu cotiser pour des raisons indépendantes de sa volonté.

Un arrêt qui corrige le SEPE et reconnaît les situations de « malheur familial »

L'allocation pour les plus de 52 ans est l'une des aides les plus pertinentes en matière de protection contre le chômage, puisqu'elle est maintenue jusqu'à l'âge légal de la retraite et compte comme une contribution pour la future pension. Les exigences sont donc strictes. L’absence spécifique de deux années de cotisation au cours des 15 précédentes constitue souvent l’obstacle le plus difficile à surmonter pour de nombreux candidats.

Comme détaillé dans la phrase, Elisa a demandé une aide le 25 avril 2023, mais a été rejetée le même jour. Le SEPE a fait valoir que la loi est claire et ne permet pas d'assouplir l'exigence.

La personne concernée a déposé une plainte et le Tribunal Social de Gérone lui avait déjà donné raison en première instance, estimant qu'il était prouvé qu'elle s'occupait de ses parents dans des situations de dépendance grave entre 2010 et 2015. Les deux parents, selon les rapports, avaient besoin de soins continus : le père avait un handicap de 88% et la mère une dépendance de degré II.

Le TSJC comprend que cette circonstance est non seulement prouvée, mais constitue également une raison indépendante de sa volonté qui justifie l'interruption involontaire de sa carrière professionnelle. Par conséquent, la doctrine de la parenthèse s’applique et exclut cette période du calcul, étendant ainsi les années dénombrables en arrière. Elisa atteint ainsi 1 824 jours de cotisations, dépassant largement les exigences légales.

La « doctrine de la parenthèse » : un mécanisme contre la rigidité bureaucratique

L'appel doctrine de la parenthèse permet que certaines périodes pendant lesquelles une personne n'a pas pu travailler pour des raisons objectives – maladie, soins à des membres de sa famille, situations extrêmes ou malheur personnel – ne soient pas prises en compte dans le calcul des conditions d'accès à l'aide ou à la prestation contributive.

Bien qu’elle n’apparaisse pas explicitement dans la loi, elle a été reconnue à plusieurs reprises par la Quatrième Chambre de la Cour suprême, devenant une norme d’interprétation dans les cas où l’application stricte de la norme produirait des résultats injustes ou disproportionnés.

Contrairement à ce qu'affirme le SEPE, le TSJC souligne dans sa résolution que « la norme doit être interprétée avec flexibilité lorsque surviennent des situations de malheur personnel », et que ne pas le faire impliquerait « doublement pénaliser » les personnes qui ont dû consacrer des années à s'occuper des membres de leur famille, perdant non seulement leurs revenus, mais aussi leurs droits du travail et leurs droits sociaux.

Implications de l'affaire et conséquences pour les autres requérants

Même si l’arrêt n’est pas encore définitif – même si ce n’est pas la première fois que cette doctrine est appliquée, le SEPE peut faire appel devant la Cour suprême – son contenu renforce une tendance de plus en plus établie :

  1. Les périodes de soins aux membres de la famille à charge peuvent être exclues du calcul de l'aide. Il suffit de démontrer que la personne n'a pas travaillé pour une raison grave et indépendante de sa volonté.
  2. Le SEPE ne peut pas appliquer mécaniquement les exigences, mais doit évaluer le contexte personnel et familial du demandeur.
  3. La perspective de genre est obligatoire, en particulier dans les situations qui affectent de manière disproportionnée les soignantes.
  4. Cette décision pourrait ouvrir la porte à de nouvelles réclamations et appels de la part de personnes à qui l'aide a été refusée parce qu'elles n'ont pas satisfait de peu aux exigences de contribution.

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