Le Conseil des ministres a franchi une étape définitive dans la réglementation du travail des jeunes. Après des années de plaintes d'étudiants qui investissent une grande partie de leur temps à effectuer des travaux pertinents dans des entreprises sans toucher un euro, le gouvernement a approuvé le développement du régime des contrats de formation (article 11 du Statut des travailleurs). La publication des arrêtés royaux au BOE les fera entrer en vigueur le 17 décembre
L'objectif du texte, promu par le ministère du Travail de la vice-présidente Yolanda Díaz, est clair. Selon les mots du leader de Sumar, il s'agit de moderniser le système aux normes européennes et surtout de mettre fin au « travail bon marché déguisé en contrat de stage ».
Que de changements. Désormais, tout contrat de formation comportera une ligne rouge : il ne pourra pas être payé en dessous du Salaire Minimum Interprofessionnel (SMI). Cette nouvelle réglementation complète les changements introduits par la réforme du travail de 2022 et la nouvelle loi FP. Le texte établit et précise les deux seules formes de contrats de formation autorisées :
- Formation en alternance : Destinée aux étudiants qui poursuivent leurs études (FP, Université ou certificats du Système National d'Emploi). L’objectif est de rendre compatible travail rémunéré et formation.
- Acquérir une pratique professionnelle : pour ceux qui ont déjà obtenu leur diplôme (université ou formation professionnelle) et ont besoin d'une expérience professionnelle dans leur domaine.
Adieu les essais libres. Tout est question d'exigences : pour éviter la fraude à la loi de ces dernières années, ces contrats doivent être formalisés par écrit, avoir la participation de représentants syndicaux et avoir une rémunération décente. Et que signifie digne ? Qu'il ne soit jamais proportionnellement inférieur au SMI, c'est-à-dire qu'il soit rémunéré au moins selon le montant horaire fixé par le SMI.
Double tutorat. Les étudiants devront avoir un tuteur au centre éducatif et un autre au sein de l'entreprise pour superviser leurs progrès, garantissant que le temps investi est véritablement pédagogique et pas seulement professionnel.
L'argument de la deuxième vice-présidente, Yolanda Díaz, tourne autour du fait qu'en 2024, en Espagne, il y aura 944 543 stages non rémunérés, contre seulement 54 987 contrats de formation. Une disproportion qui montre à quel point les entreprises ont massivement opté pour la voie du « stage gratuit » au lieu de recourir aux canaux de recrutement des formations juridiques.
Retenir les talents et le modèle européen. « Nous sommes déjà un pays qui adhère au modèle de formation moderne, à l'européenne », a déclaré Díaz après le Conseil des ministres. Le gouvernement défend que c'est le seul moyen d'améliorer la productivité et de retenir les jeunes talents, en évitant que les jeunes diplômés ne se retrouvent piégés dans une boucle de bourses sans cotisations ni salaire.
Que se passe-t-il avec le statut des bourses? Ce nouveau texte complète ce que le Conseil des ministres a approuvé il y a quelques semaines, le Statut des bourses, qui encadre les stages purement académiques. Avec cette nouvelle règle, le Gouvernement cherche à protéger les contrats de travail formation.
Plus d'informations | La Moncloa