Les loyers impossibles constituent un obstacle à l'arrivée de professionnels dans la Communauté valencienne : voici comment réagissent les entreprises

L'augmentation accélérée des prix des loyers dans la Communauté valencienne (comme dans d'autres régions espagnoles) a cessé d'être seulement un problème social pour devenir également un fardeau économique qui conditionne même la capacité des entreprises à embaucher des talents.

Ce qui semblait auparavant être une réalité limitée à des territoires stressés comme les îles Baléares, s'étend aujourd'hui à Valence, Alicante et aux principales communes touristiques, où de plus en plus de professionnels rejettent les offres d'emploi en raison de l'impossibilité de résider dans un logement décent.

En outre, le prix du logement provoque un exode vers les municipalités de l'intérieur, ce qui implique des distances plus longues, des dépenses de transport plus importantes et une prédisposition croissante à refuser un emploi, en particulier parmi les travailleurs ayant une famille ou travaillant par équipes intensives.

Dans ce contexte, un nombre croissant d'employeurs se tournent vers les aides au logement, les appartements de fonction ou même l'achat direct de logements afin de garantir que les travailleurs acceptent ou conservent leur emploi.

Un marché locatif qui expulse les travailleurs

À Valence et dans ses environs, de nombreux candidats rejettent les offres d'emploi parce qu'ils ne peuvent pas se permettre des loyers qui dépassent de loin leur salaire, notamment dans les professions moyennement rémunérées. Comme l'explique Víctor Tatay, directeur d'Adecco, un jeune homme qui gagne 1 400 euros ne peut pas consacrer « 70 % de son salaire » au paiement d'un loyer qui peut atteindre mille euros par mois.

La tension sur le marché non seulement limite l'arrivée de nouveaux travailleurs, mais oblige également ceux qui ont déjà un emploi à chercher des solutions drastiques : depuis les cadres de 50 et 60 ans qui travaillent à Valence la semaine et sont obligés de partager un appartement, jusqu'aux étudiants qui renoncent à vivre en ville et voyagent chaque jour depuis leur municipalité d'origine parce qu'ils ne peuvent pas se permettre une chambre au-dessus de 400 euros.

La province d'Alicante connaît une situation parallèle. De plus en plus de professionnels spécialisés – y compris des médecins – refusent de s'incorporer après plusieurs tentatives infructueuses pour trouver un logement dans les zones recherchées : Benidorm, Torrevieja et la capitale elle-même. Certaines entreprises ont commencé à inclure directement le logement dans leurs offres face à l'évidence selon laquelle les prix du marché sont « inabordables », même lorsque l'offre salariale est compétitive.

La pression touristique aggrave la situation. Des municipalités comme Benidorm ou Torrevieja combinent une demande intense de résidences secondaires avec la nécessité de pourvoir des milliers d'emplois dans l'hôtellerie, la santé, la construction ou les transports, ce qui génère un paradoxe : il y a du travail, mais il n'y a pas de logements pour ceux qui doivent occuper ces postes.

À Benidorm, par exemple, le loyer moyen est d'environ 1 600 euros par mois, tandis qu'à Torrevieja il est d'environ 1 200 euros et à Alicante il dépasse 1 300 euros. Pour de nombreux salaires moyens, c’est directement inabordable.

Quand l'entreprise devient propriétaire

Face à ce scénario, des solutions qui auraient semblé extraordinaires il y a quelques années commencent à proliférer :

  • Achat direct de logements par des hommes d'affaires : selon El Diario de Levante, un hôtelier de Valence a acheté un appartement pour 90 000 euros pour éviter de perdre son plus ancien employé, dont le propriétaire avait augmenté le loyer de 400 à 700 euros. L'employeur vous le louera pour 500 euros, garantissant ainsi votre continuité d'emploi.
  • Des locaux d'entreprise pour retenir le personnel : À Benidorm, une entreprise du secteur des transports met à disposition de ses chauffeurs des locaux pour éviter qu'ils ne partent, selon Manuel Ríos Arias, fondateur du cabinet de conseil Mohure.
  • Gestion du logement des candidats : Certaines entreprises interviennent directement dans la recherche de logement, notamment lorsqu'elles ont besoin de profils qualifiés ou de middle managers, groupe qui accepte difficilement la colocation. Cette pratique, qui n'était auparavant observée que sur les îles, commence à devenir normale à Alicante et à Valence.
  • Logement inclus dans la rémunération : Bien que de plus en plus courante, cette mesure présente des difficultés fiscales : lorsque le travailleur déménage définitivement, le logement est considéré comme une rémunération en nature, il doit donc payer des impôts sur celui-ci. Si l'appartement appartient à l'entreprise, 10 % de sa valeur cadastrale est appliqué ; S'il est loué, le travailleur doit déclarer le montant du loyer pris en charge par l'entreprise.

Secteurs les plus touchés

La construction est l'un des secteurs les plus touchés. Une entreprise de construction valencienne embauche des travailleurs à Albacete et prend en charge leur logement pour qu'ils acceptent le travail, car ils n'ont pas les moyens de se loger à Valence.

Les soins de santé connaissent un problème similaire. À Alicante, il existe des cas documentés de médecins qui viennent plusieurs fois à la recherche d'un logement et finissent par refuser le logement en raison de l'impossibilité de trouver un loyer raisonnable.

Le tourisme et l'hôtellerie complètent la liste : des secteurs à forte intensité de main d'œuvre, mais situés précisément dans des zones où les prix ont atteint des valeurs maximales historiques.

Un changement de profil pour ceux qui peuvent s'installer

Alors que de nombreux travailleurs n’ont pas les moyens de payer leur loyer, d’autres, dotés d’un plus grand pouvoir d’achat, occupent le marché disponible. Comme l'indique l'agence immobilière Recasens Real Estate, des professionnels étrangers ou des télétravailleurs capables de payer jusqu'à 3 200 euros par mois pour un logement dans la capitale valencienne arrivent à Valence, déplaçant encore davantage ceux qui dépendent d'un salaire local.

Par | Informations.es

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