Les néobanques dépassent les 25% de part de marché en Espagne. La banque traditionnelle perd de jeunes clients

Ils ne sont plus une anecdote, ils en sont un acteur principal. Pour la première fois, les néobanques ont dépassé les 25 % de part de marché auprès des particuliers en Espagne. Un nouveau rapport repris par certains médias situe la pénétration de ces entités à 27,2%. Il s'agit d'un bond significatif par rapport aux 21,8% enregistrés en 2024. Les données confirment une tendance claire : la banque traditionnelle perd la bataille de la clientèle jeune, même si elle continue de conserver l'activité principale.

Qu'est-ce qu'une néobanque. Contrairement aux banques traditionnelles, les néobanques fonctionnent 100% numériquement, sans agences physiques. Leur modèle repose sur une structure de coûts très légère qui leur permet de proposer des services sans commission, le tout géré depuis une application mobile. La Banque d'Espagne elle-même les définit comme des entités qui offrent des services d'intermédiation bancaire de manière entièrement numérique.

L'assaut contre le jeune public. Les néobanques sont entrées sur le marché espagnol en s'attaquant à une niche très spécifique : les jeunes et les voyageurs. Une étude d'Adyen et OpinionWay révèle que pratiquement tous les Espagnols (93 %) refusent de payer des frais bancaires à l'étranger. Cela a amené 59 % des millennials et 55 % de la génération Z à leur faire plus confiance qu'aux banques traditionnelles lorsqu'ils voyagent.

Une partie de la « victoire » en matière d’innovation et de réputation ne réside pas seulement dans le produit, mais aussi dans le marketing. Ils ont compris qu’une application ne suffisait pas à attirer les nouvelles générations ; Il fallait être là où ils sont : les réseaux sociaux et les plateformes comme Twitch et YouTube. Revolut a été le plus agressif, renouvelant son alliance avec Ibai Llanos pour la troisième année et sponsorisant sa « Soirée de l'année ».

Il semble que les banques traditionnelles aient réagi à cette tendance et aient utilisé les mêmes armes : désormais, Banco Santander a signé le YouTuber Plex. Avec près de 15 millions de followers sur ses réseaux, il est le protagoniste de la dernière campagne.

La surprise Révolution. Cette croissance n'est pas uniforme ; Il est dirigé par le célèbre Revolut. Un rapport de la CNMC a été dévastateur : en 2024, Revolut a dominé l'acquisition de nouveaux comptes en Espagne avec 19,8 % du total, dépassant des géants comme BBVA et Santander. La CNMC a été directe et a reconnu que « les néobanques et les fintechs constituent une réelle menace concurrentielle ».

Chiffres. Ce leadership en matière de recrutement se traduit désormais par de l'argent réel. Selon les données d'Expansión et d'El Mundo, la clientèle totale des néobanques en Espagne a dépassé les cinq millions en 2024. Revolut a quadruplé ses dépôts en une seule année, passant de 739 millions d'euros à 3 127 millions d'euros. Parallèlement, son concurrent N26 (avec un million de clients) a vu ses dépôts baisser de 9% depuis décembre.

Fintech dans les banques traditionnelles. L’attitude réactionnaire de certaines entités les a conduits à adopter une stratégie : lancer leurs propres néobanques pour rivaliser dans le même domaine.

Imagine se distingue, promu par CaixaBank. Leurs chiffres ne laissent pas beaucoup de doutes : elles peuvent se targuer de 3,5 millions de clients et de 48% de part de marché sur le segment des 18 à 34 ans parmi les principales néobanques.

Mais très peu leur font confiance pour leur masse salariale. Malgré les bons chiffres de pénétration, la banque traditionnelle continue de dominer la principale relation avec le client. Selon un rapport d'Inmark, des banques comme CaixaBank, Santander et BBVA représentent près de 84 % du marché des entreprises. Parmi les particuliers, seuls 4,2% utilisent une néobanque comme entité principale.

Toutefois, le but des néobanques est de cesser d’être un complément. Ils mûrissent pour s'attaquer au cœur de métier du secteur bancaire : Revolut a déjà annoncé son intention de proposer des prêts hypothécaires en Espagne et a mis en place des services de paiement échelonné.

Le point de vue officiel : compétence nécessaire. L’essor de la fintech est une tendance validée par les organismes officiels. La Banque d'Espagne, dans son Observatoire 2025, confirme une croissance de 50 % du nombre d'entités depuis 2020 et une augmentation de 249 % de leurs actifs totaux depuis 2018. Au niveau européen, le président du Conseil de résolution unique a récemment averti que le modèle Revolut renforce la nécessité d'un fonds mutualisé de garantie des dépôts dans l'UE.

De son côté, la Commission nationale des marchés et de la concurrence (CNMC) et son rapport sont importants pour comprendre pourquoi ils réussissent : le secteur bancaire traditionnel est très concentré. L'Espagne (HHI de 1 331) a un indice plus élevé que l'Allemagne (323) ou la France (567). Ce manque de concurrence est une des raisons pour lesquelles les banques traditionnelles ne rémunèrent pas les dépôts. Ce sont les néobanques qui cassent cette dynamique.

Maintenant, il y a toujours des pierres sur la route. La CNMC souligne que les Espagnols ont un « niveau de méfiance relativement élevé » à l'égard des services bancaires en ligne – seuls 23% se sentent « très à l'aise » par rapport à la moyenne de 41% dans la zone euro – et une éducation financière « inférieure » à la moyenne.

Cela dessine un champ de bataille pour les années à venir. La croissance des néobanques montre qu’elles ont gagné la guerre de l’utilisabilité : elles sont plus faciles à utiliser et ont magistralement conquis le jeune public. Cependant, les données de CNMC révèlent que le secteur bancaire traditionnel dispose toujours du principal rempart défensif : la confiance et l’inertie des clients.

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