Meta était plongée dans un procès historique qui pourrait même l'amener à vendre certains de ses réseaux sociaux. Mais cela s'est soldé par une victoire clé pour l'équipe de Mark Zuckerberg. Après plus de cinq ans de procédure judiciaire, le juge fédéral James Boasberg a rejeté le dossier de la Federal Trade Commission (FTC), qui accusait l'entreprise de Mark Zuckerberg de maintenir un monopole illégal grâce à ses acquisitions d'Instagram et de WhatsApp.
La raison. La FTC n'a pas été en mesure de démontrer que Meta continue d'exercer un pouvoir de monopole sur le marché actuel, un marché qui, selon le juge, a radicalement changé depuis le début de l'enquête.
Mauvaise approche ? L'affaire a débuté en 2020, l'origine remonte au premier mandat de Trump. La FTC voulait prouver que les achats d'Instagram et de WhatsApp permettaient à Meta de contrôler le marché des « médias sociaux personnels ».
Pour la FTC, Facebook, Instagram, Snap et MeWe formaient un marché fermé, différent des plateformes comme TikTok ou YouTube, axé selon leur argumentation sur le divertissement général. Cette approche n'a jamais convaincu le tribunal.
Ce qui a fait pencher la balance. Une combinaison de preuves empiriques récentes et de l’évolution de l’écosystème social lui-même. Boasberg souligne que, quel que soit le pouvoir que Meta a pu avoir dans le passé, la FTC a dû démontrer qu'elle maintient cette domination aujourd'hui. Et, selon le juge, il n’y est pas parvenu.
En fait, il souligne que l'environnement concurrentiel a radicalement changé : l'essor de TikTok, la consommation massive de vidéos courtes et la transition vers des contenus recommandés par des algorithmes ont dilué l'idée classique d'un « réseau social basé sur les amis et la famille ».
Dans sa décision, le juge va jusqu'à affirmer que « la partie la plus utilisée des applications de Meta est impossible à distinguer de ce que proposent TikTok et YouTube », ce qui démonte l'affirmation de la FTC selon laquelle Facebook et Instagram opèrent sur un marché distinct.
Études de cas pendant le procès. Lorsque TikTok a été temporairement interdit en Inde, l’utilisation d’Instagram et de Facebook est montée en flèche. Lorsque les applications Meta ont subi une baisse mondiale en 2021, les utilisateurs ont principalement migré vers TikTok et YouTube, et non vers des plateformes comme MeWe ou WhatsApp lui-même. Ainsi, pour le tribunal, les véritables substituts à Meta sont les plateformes vidéo, et non les autres réseaux sociaux traditionnels.
Il y a une compétition pour attirer l’attention. En plus de témoigner devant les tribunaux de personnalités telles que Zuckerberg et Sheryl Sandberg, Meta a appelé les dirigeants de TikTok, X, Reddit et Pinterest pour démontrer qu'ils sont tous en concurrence pour attirer l'attention des utilisateurs et les investissements publicitaires.
La FTC avait renforcé le dossier en 2022 avec de nouvelles données sur les utilisateurs et des mesures concurrentielles, après que Boasberg ait initialement rejeté le procès faute de preuves. Cependant, ni l’expansion documentaire ni les arguments historiques n’étaient suffisants.
Coup dur pour le plan antitrust américain et avis à l’UE. L’affaire Meta était l’un des cinq fronts majeurs ouverts par la FTC. Google a été reconnu coupable d'abus sur le marché publicitaire et les poursuites contre Apple et Amazon sont toujours en cours.
Pour Meta, la décision renforce son discours : la concurrence est féroce, le marché change chaque année et l’entreprise ne contrôle pas le secteur. Pour la FTC, il est temps de repenser ses stratégies, et cette affaire constitue également un avertissement pour l’Union européenne.