On sait déjà de combien les salaires des fonctionnaires augmenteront en décembre. A voir les chiffres, les syndicats n'excluent pas une grève générale

Une réunion marathon de plus de cinq heures tenue hier lundi entre le ministère de la Fonction publique et les syndicats s'est terminée sans fumée blanche, mais avec de l'argent sur la table. Bien qu'il n'y ait pas encore d'accord définitif sur le cadre pluriannuel, l'Exécutif s'est engagé à approuver ce mois-ci un décret-loi pour payer une augmentation de 2,5% correspondant à 2025 sur la masse salariale de décembre, avec effet rétroactif au 1er janvier.

Les clés de la négociation. Tout tourne autour d’une offre globale d’augmentation salariale de 11% pour la période 2025-2028. Contrairement à l’accord précédent (2022-2024), qui liait une partie de l’augmentation à des variables économiques telles que l’IPC ou le PIB, cette nouvelle proposition consolide l’augmentation comme fixe. Selon les calculs de CCOO, l'augmentation réelle pourrait atteindre 11,45% si l'on y ajoute les augmentations automatiques dues à l'ancienneté et aux promotions :

« La nouvelle proposition du Gouvernement garantit le versement en décembre d'une augmentation salariale de 2,5% rétroactivement au 1er janvier 2025 et d'une augmentation totale de 11,45% pour la période 2025-2028.

Calendrier et menace de grève. L’argent n’est pas le seul problème, mais aussi le « quand ». La proposition du gouvernement limite l'augmentation cumulée au cours des deux premières années (2025 et 2026) à un maximum de 4 %. Pour les syndicats (CSIF et CCOO), ce plafond initial est insuffisant, car ils voient qu'il ne permet pas de récupérer tout le pouvoir d'achat perdu.

L'UGT est encline à accepter le pacte, mais le CSIF s'est montré catégorique. Si le gouvernement n'assouplit pas cette limite de 4% d'ici le début de la période, non seulement il ne signera pas, mais il reprendra également les mobilisations et proposera même une grève dans tout le secteur public. Il y aura une nouvelle réunion ce mercredi à 18h00. pour tenter de débloquer la situation.

La fin du taux de remplacement. La négociation aborde également de profondes réformes structurelles. Le ministère d'Óscar López a proposé de réduire les délais des procédures de sélection à un an maximum, pour tenter de résoudre l'effondrement d'organisations comme le SEPE ou la Sécurité sociale, où obtenir un rendez-vous est devenu une mission impossible en raison du manque de personnel.

De plus, il est proposé de remplacer le taux de remplacement obsolète par un système de planification des ressources humaines basé sur les besoins réels, ce que le CSIF demande d'éliminer complètement.

L'écart avec le secteur privé se creuse. La stabilité et les salaires sont un grand aimant pour la génération Z et les professionnels frustrés par le marché du travail conventionnel. Les données sont claires : alors que le salaire brut annuel moyen dans le secteur privé avoisine les 23 000 euros, les salariés du public gagnent en moyenne 24 % de plus. Aux niveaux les plus élevés (sous-groupe A1), cette différence atteint près de 43 %.

Avec cette nouvelle augmentation fixe de 11 % à l'horizon, l'administration publique offre non seulement un refuge contre la précarité de l'emploi, mais consolide également un avantage salarial qui fera continuer à augmenter la « fièvre de la concurrence » dans les années à venir.

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