Le président américain Donald Trump a retardé la signature d'un décret visant à réglementer les modèles avancés d'intelligence artificielle.
« Je n'ai pas aimé certains aspects. Je l'ai reporté », a déclaré Trump aux journalistes lors d'un événement jeudi dans le bureau ovale.
Selon Politiquela décision est intervenue après que plusieurs personnalités éminentes de l’industrie technologique ont exprimé leur opposition à la directive. Le groupe aurait inclus Elon Musk, Mark Zuckerberg et le capital-risqueur David Sacks, ancien conseiller de la Maison Blanche. OpenAI Group PBC aurait soutenu la commande.
La Maison Blanche aurait a partagé un projet de directive avec des représentants du secteur privé mardi soir. Cette version appelait les développeurs d’IA à soumettre certains modèles frontières au gouvernement fédéral pour examen au moins 90 jours avant leur publication. En outre, le projet précise que les entreprises participantes devraient donner aux opérateurs d’infrastructures critiques un accès rapide à leurs modèles.
L'ordonnance aurait rendu la participation à l'initiative volontaire. Il précise que le département du Trésor devrait gérer le programme d’examen de l’IA avec le soutien de plusieurs autres agences. Les participants auraient inclus le Bureau du directeur national de la cybersécurité, l'Agence nationale de sécurité et l'Agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures.
Le programme d’examen de l’IA proposé se concentre sur les algorithmes désignés comme « modèles frontières couverts ». Le projet de décret aurait donné aux agences fédérales 60 jours pour développer un « processus d’analyse comparative classifié » afin de déterminer quels systèmes devraient recevoir la désignation.
L’initiative se concentrerait vraisemblablement sur des modèles d’IA tels que Claude Mythos Preview d’Anthropic PBC. L'algorithme, qui a fait ses débuts le mois dernier, est très habile à découvrir les vulnérabilités logicielles. Anthropic affirme que le modèle a jusqu'à présent identifié des milliers de défauts de grande gravité.
Les grands modèles de langage antérieurs ont également démontré leur capacité à détecter les faiblesses en matière de cybersécurité. Cependant, ils ont eu du mal à déterminer si ces vulnérabilités pouvaient être exploitées dans la pratique. Claude Mythos Preview n'a pas une telle limitation : il peut enchaîner plusieurs failles zero-day dans des cyberattaques sophistiquées.
Le projet de décret inclurait une section consacrée à la cybersécurité. Il a appelé les agences gouvernementales à « établir ou étendre » des programmes internes utilisant des outils d’IA pour atténuer les cyberattaques. De plus, la directive appelle les responsables à identifier les programmes de subventions fédéraux qui pourraient être utilisés pour soutenir de telles initiatives.
Selon Politiquela Maison Blanche a invité plusieurs personnalités éminentes de l'industrie technologique à l'événement de signature de jeudi. Le groupe comprenait le PDG d'Anthropic, Dario Amodei, Zuckerberg et Altman, mais le trio a indiqué qu'ils ne pourraient pas y assister. Les problèmes de fréquentation auraient été pris en compte dans la décision de Trump de ne pas signer l'ordonnance.
Par ailleurs, la Maison Blanche a aurait donné à OpenAI le feu vert pour soutenir les réglementations sur l’IA au niveau de l’État. L'année dernière, Trump signé un décret destiné à limiter ces lois. La directive appelait à la création d'un groupe de travail chargé des litiges dédié à la contestation des lois des États qui ne facilitent pas un « cadre politique national peu contraignant pour l'IA ».