Cette entreprise a fini par avoir un climat si mauvais que 19 travailleurs se sont suicidés et ses dirigeants ont été condamnés à des peines de prison.

Au début de cette année, la Cour de cassation française a confirmé une condamnation historique d'anciens dirigeants de France Télécom (actuel groupe Orange). Le tribunal saisi de l'affaire a estimé qu'il y avait eu du harcèlement institutionnel au sein de l'opérateur français, selon la BBC.

C'est pour cette raison qu'il a condamné l'ancien PDG Didier Lombard et le numéro deux Louis-Pierre Wenès à un an de prison et 15 000 euros d'amende. Il y avait également des pénalités pour d'autres frais moindres. L'entreprise elle-même a également été condamnée à une amende de 75 000 euros.

Les faits dans l'entreprise

Le tribunal a examiné 39 dossiers d'employés. Les pratiques commerciales étaient si grossières que 19 d’entre eux se sont suicidés et 12 autres ont tenté de le faire. Ceux qui n’ont pas réussi n’ont pas pu continuer à travailler à cause d’une énorme dépression.

Le procès a commencé lorsque l'entreprise a entamé une restructuration par laquelle elle cherchait à supprimer 22 000 postes sur un effectif de 120 000 travailleurs afin de réduire une énorme dette de plusieurs milliards d'euros. La majorité étant des fonctionnaires et ne pouvant être licenciés, les dirigeants ont choisi de détériorer les conditions de travail pour forcer les départs, selon le jugement. Lombard, selon le jugement, a même déclaré que les salariés quitteraient l’entreprise « par la fenêtre ou par la porte ».

En ce sens, au cours de la procédure judiciaire, de nombreux salariés et anciens salariés ont détaillé comment la direction a mis en place des mesures organisées pour pousser le personnel à quitter l'entreprise. De nombreux travailleurs ont été envoyés vers d'autres villes sans négociation préalable, même à des centaines de kilomètres de leur lieu de résidence, malgré leurs familles ou leurs racines.

Certains ont déclaré que s’ils refusaient, ils étaient avertis qu’ils seraient relégués à des tâches dénuées de sens ou mis à l’écart. Des techniciens ayant des décennies d'expérience dans les réseaux ou la maintenance ont été réaffectés à des postes de vente ou de service client, sans formation et avec des objectifs impossibles à atteindre.

De nombreux employés se sont retrouvés sans véritables fonctions : des journées entières sans tâches, sans accès aux outils ou sans interlocuteurs clairs, finissant par rester dans des bureaux vides et loin de leurs collègues. Ces situations ont généré des cas de stress extrêmes, et un énorme turnover y a contribué, avec des changements de départements tous les quelques mois, sans clarté sur les objectifs ni sur la stabilité.

Par exemple, une femme a tenté de se suicider lorsqu’elle a appris qu’elle était transférée pour la troisième fois en un an. La confirmation de la peine crée un précédent pertinent en matière de droit du travail, car elle reconnaît l'existence du délit de harcèlement moral derrière une politique commerciale néfaste.

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