La paie est généralement ce froid document administratif qui certifie notre travail à la fin du mois. Cependant, comme le dit Xataka, pour une entreprise du Pays Basque, cela est devenu un outil d'agression personnelle. Le Tribunal Supérieur de Justice du Pays Basque (TSJPV) a condamné une entreprise à indemniser une travailleuse de 10 000 euros pour violation de son droit à l'honneur. La raison : inclure le mot « Zumbada » dans le champ bénéficiaire de deux transferts de salaire consécutifs, pour lesquels le travailleur a reçu moins de 1 000 euros en additionnant les deux.
Un divorce transféré à la comptabilité. L’affaire a un contexte personnel complexe. L'employée effectuait des tâches administratives dans une entreprise détenue en copropriété par son ex-mari, avec lequel elle était impliquée dans une procédure de divorce tendue et un conflit pour la garde d'un enfant commun handicapé. Dans ce contexte de toxicité, le travailleur a reçu deux versements bancaires. Cela correspondait à leur masse salariale et, à la place de leur nom, il y avait une insulte. Bien que lors d'un premier procès pénal pour diffamation, l'autre partenaire (et non l'ex-mari) ait pris la responsabilité du transfert, l'employé a décidé de poursuivre l'entreprise en justice par les réseaux sociaux.
La frontière ténue entre harcèlement et atteinte à l’honneur. Le parcours judiciaire n’a pas été de tout repos. En première instance, le tribunal du travail a rejeté la demande, arguant que, même si le comportement était répréhensible, il ne constituait pas du harcèlement au travail. Pour qu'il y ait du mobbing judiciaire, la jurisprudence requiert généralement une répétition dans le temps (systématique et prolongée), et le juge a considéré que deux paies constituaient un « acte sporadique ».
Cependant, le TSJPV est revenu sur cette décision, se concentrant sur un autre droit fondamental : l'honneur. L'arrêt du 25 octobre établit que l'utilisation de termes désobligeants dans un document officiel n'est pas une plaisanterie, mais une atteinte directe à la dignité professionnelle et personnelle.
Le facteur « publicité » : la banque le voit. Un point clé de la condamnation a été le manque de confidentialité de l’insulte. Pour le tribunal, le virement bancaire n'est pas un message privé entre patron et employé, c'est un document traité par des tiers (employés de l'institution financière et des systèmes bancaires). Cela rend le délit public et aggrave le préjudice moral. A ce titre, elle condamne les deux associés de la société à verser conjointement des indemnités.
La masse salariale comme arme de jet. Cette affaire rappelle inévitablement celle d'un boulanger qui, en 2024, a été condamné à payer 13 700 euros pour avoir payé un employé selon le concept « Abril Maricón Payroll ».